Actualité africaine et internationale en continu ! Afrique du Nord, Afrique de l'Est, Afrique de l'Ouest, Afrique Centrale et Afrique Australe en continu avec des nouvelles fraiches.Des brèves et des tweets...Actualité sur Facebook en direct avec des news fraiches
2 Juillet 2013
Crée le 02-06-2013 02H10 | AFRIQUE REDACTION | REDACTEUR EN CHEF : ROGER BONGOS | SITE PANAFRICAIN |ACTUALITE NATIONALE, AFRICAINE ET INTERNATIONALE. Mis à jour le mardi 02-06-2013 - 12H10 PAR :FORUMS DES AS
Le trajet Ngiri-Ngiri - Gare centrale parcouru en 35 minutes à bord du nouveau bus.
C’est dans une ambiance de gaieté qu’une dizaine de passagers à l’arrêt situé entre les avenues Ngiri-Ngiri et Gambela,dans la commune de Ngiri-Ngiri, montent fièrement dans un bus Mercedes-Benz appartenant à la Société de transport du Congo (TRANSCO). Destination, le centre-ville. Les décibels de la station «Radio Kin 24»que dégagent les six baffles placés de part et d’autre à l’intérieur du bus égayent tellement que les passagers se montrent patients. Ils ne sont pas pressés et attendent le coup de départ du receveur.
QUESTIONS DES PASSAGERS
Les 27 chaises pour passagers, en plastique dur ne sont pas toutes occupées. Mais l’équipage décide de démarrer. « Nous ne sommes pas obligés d’attendre la dernière personne », répond un contrôleur à une passagère voulant savoir pourquoi le conducteur est pressé de quitter le terminus. Cette question, pourtant tombée comme un cheveu dans la soupe, alimente une causerie chaude entre les passagers et l’équipage du bus. L’essentiel de ces entretiens tourne autour de la préoccupation des passagers de vouloir en savoir plus sur la gestion de nouveaux bus. « Pourquoi ne desservez-vous pas d’autres lignes? », « le coût du billet ne connaîtra-t-il pas une hausse dans les prochains jours? », « A quand la ligne Ngiri-Ngiri - Selembao? »...
Mais pour le receveur, il faut vite mettre fin aux débats pour aller à l’essentiel. «Bo somba ba ticket. Awa basombaka ticket tangu omati na motuka » (Traduisez en «Achetez déjà vos billets. Ici le billet s’achète dès l’accès dans le bus ».Voilà qui suscite la colère de certains passagers qui ne tardent pas réagir d’un ton ferme. « Monsieur le receveur, vous devez nous comprendre. Beaucoup parmi nous montent dans vos bus pour la première fois. Et c’est à vous de nous aider à comprendre leur règlement». Vite, les deux parties mettent de l’eau dans leur vin et le silence s’installe. La chanson «Nzila velele» de King Kester Emeneya balancée depuis la cabine du conducteur anime le bus.
COMME DANS LES «207»
Ce silence observé ne dure que l’espace de quelques minutes. Le receveur, obligé de communiquer avec son conducteur tout au long du parcours, ne dispose cependant d’aucun moyen. Il doit recourir à sa voix. Exactement comme le font les receveurs des taxi-bus et des « mal-aimée » 207. A tour de rôle, les deux membres d’équipage crient parfois à tue-tête. Soit pour s’arrêter, soit pour quitter un arrêt. Tout au long du parcours, la rhétorique est la même que celle des receveurs des minibus « 207 ». « Toleka » (Traduisez: « Passons »),»Bazali?» (Ils sont là) ou encore « malembe » (lentement). «A l’époque de la Sotraz, le receveur ne criait pas. Il avait une sonnette qui retentissait chez le chauffeur et celui-ci était informé du départ», se lamente un quinquagénaire considérant que ces cris de la part du receveur et du chauffeur contrastent quelque peu avec le confort du bus et tend à se rapprocher de «esprits des morts».
PORTE D’ENTREE ET DE SORTIE
Au fur et à mesure que le bus se remplit, certains nouveaux passagers sont obligés de rester debout en s’accrochant aux 50 crochets au centre du bus prévus pour la circonstance. Ce qui n’arrange pas ceux qui descendent en cours de chemin obligés de recourir à la porte de derrière pour quitter le bus. Les deux contrôleurs de rouge vêtus interviennent pour remettre de l’ordre. «Dans ce bus, il est prévu que la montée se fasse à la porte de devant vers le conducteur et la descente derrière vers le receveur. Pas de confusion SVP». Mais les passagers ne l’entendent pas de cette oreille. «Comment voulez-vous qu’une personne assise au fond du bus traverse tout le bus pour gagner la sortie?», se demande une dame apparemment énervée de cette disposition. C’est dans cette ambiance qu’intervient le receveur pour expliquer comment cela doit se faire. «Quand vous montez par derrière, vous devez commencer par acheter votre ticket puis aller choisir une place devant en sorte que vous descendiez tranquillement et sans être dérangé». Intervention qui clos les débats alors que le bus s’approche de la Gare centrale.
VIVEMENT DES MESURES D’ENCADREMENT
Après une si longue attente des Kinois, la nouvelle société de transport appartenant à l’Etat congolais est finalement opérationnelle depuis le 30 juin dernier. Avec un charroi automobile de quelque deux cents bus, la Transco signe un démarrage plus ou moins satisfaisant. Même si, par rapport à la demande très croissante, cette offre parait encore largement insuffisante. Mais il fallait commencer quelque part. Quitte au Gouvernement d’augmenter progressivement le nombre d’engins roulants pour, finalement, accroitre l’offre. Jusqu’hier, on en a encore été à sa phase expérimentale sur deux lignes : Gare-centrale Kintambo et Gare-centrale Ngiri-Ngiri.
Cependant, en matière de transport en commun dans la capitale, les Kinois gardent collectivement de très mauvais souvenirs. On se rappelle que de la Société de transport au Zaïre (SOTRAZ) à la Transco actuelle, plus d’une société de transport a été créée. Dans le lot, on citerait volontiers l’Office de transport en commun au Zaïre (OTCZ), la société de Transport Zaïre-Maroc (TRANSZAM). S’ajoutent la Société de transport urbain au Congo (STUC) et City train.
Comme par enchantement, toutes ces sociétés de transport commencent avec une même effervescence. Beaucoup de sens d’organisation au début. Puis, plus rien. Moralité, les bus tombent en panne les uns après les autres jusqu’à ce que la société place la clef sous le paillasson. Et, chaque fois que les médias ont eu l’occasion d’interroger les gestionnaires sur les causes de faillite de ces sociétés de transport en commun contrôlées par l’Etat, la réponse était la même. « Ce sont des pannes bêtes qui clouent ces bus au sol. Avec un minimum de volonté, tous ces engins peuvent à nouveau être mis en circulation. Le Gouvernement néglige (…) ».
De son côté, l’Etat a brandi la mauvaise gestion des responsables qu’il a lui-même placés à la tête de ses sociétés de transport en commun. « Au bas mot, les différents gouvernements qui se sont succédé depuis les années Mobutu avaient souvent considéré le transport en commun comme l’un des secteurs peu rentables », a déclaré un opérateur privé de transport en commun à Kinshasa. Cet argument est d’office battu en brèche par certains observateurs qui s’appuient sur les recettes journalières. L’une et l’autre raison tient la route. « C’est le bus de l’Etat », lâchent très facilement et vite, certains agents et fonctionnaires de l’Etat qui estiment qu’ils sont en droit de monter à bord de ces engins sans bourse déliée. « Ce sont les ayants-droit ». Et, dans cette catégorie, se retrouvent naturellement, les militaires, les soldats (en civile ou en tenue), les policiers, les agents de la Croix-Rouge, les fonctionnaires et autres agents de service public. Les personnes vivant avec handicap physique et les journalistes des médias officiels, en l’occurrence la radiotélévision nationale du Congo (RTNC), viennent allonger la liste. Non sans compter avec des détenteurs de fausses cartes militaires ou de la Police.
Ainsi, par exemple, dans un bus ayant une capacité de 30 personnes assises, près de la moitié de passagers sont ces ayants-droit qui ne payent pas leurs billets. Dans ces conditions, il va de soi qu’on enregistre un important manque à gagner. Normal. Aussi, dans un environnement où les militaires sont quasiment dé casernés, il est difficile, sinon impossible, pour les transporteurs publics de ne pas rencontrer cette catégorie sociale dans leurs parcours. Que faut-il faire ?
Au regard de la triste expérience sur le transport en commun à Kinshasa, il est de bon droit que l’Etat prenne des mesures d’encadrement nécessaires pour sauver la Transco. Parmi ces mesures, on devra limiter rigoureusement le nombre des ayants-droit devant monter dans un bus. Il semble que là, le problème semble avoir été résolu. Seuls deux agents en tenue militaire peuvent monter gratuitement. Encore que c’est difficile dans la mesure où un soldat ou policier en tenue ne voudrait pas qu’un receveur lui empêche de prendre place à bord d’un bus.
Sur le plan mécanique, l’Etat devra mettre en place une équipe de mécaniciens expérimentés, avec un outillage mis à leur disposition. Autrement dit, un atelier de pièces de renchanges, au lieu d’attendre une pièce qui viendrait de la maison mère après plusieurs mois. Mais aussi et surtout, le Gouvernement devra accorder des subventions à sa société de transport en commun en vue de compenser le manque à gagner occasionné par les personnes gratuitement transportées. Sinon, la Transco n’échapperait pas au sort de ses ancêtres ci-dessus énumérés. Etant donné que le transport en commun, l’éducation et la santé constituent les secteurs qui ne génèrent pas de gain, il appartient donc à l’Etat de bien les gérer. Les particuliers ne pouvant venir qu’en appui. Rachidi MABANDU & Laurel KANKOLE